Ne sachant point très bien le mal qui le tenaille,

Lorsque vient la saison, tout bon cervidé braille,

Emplissant la forêt d’un sombre bramement,

Echo retentissant de leur ébranlement.


Un cerf hausse la voix pour révéler sa flamme,

L’autre dresse les cors pour se donner de l’âme,

Regards intimidants, menaces proférées

De leurs armes de bois aux dagues acérées.


Plus monte la chaleur, plus violents sont les coups

Qu’aggrave le silence en l’absence des loups.

Mais la hampe droite de ces rudes jouteurs

S’entrechoque et répand en la nuit la terreur.


Solitaire combat pour gagner un duel

Quand gisant sur le sol, fruit d’un destin cruel,

Les portes de la nuit se ferment sur l’envie

D’un ultime soupir : mourir pour sa survie.

Même un dernier effort de tout le corps tendu

S’avère superflu pour un être fourbu.

Condamné, terrassé, quoi de plus infamant

Pour qui pouvait penser être cerf, mais amant.


   Raymond DELMAS/ 22 SEPTEMBRE 2014

LE CERF

   Aquarelle  de Thérèse Delmas